Les addictions prennent aujourd’hui des formes multiples et parfois silencieuses. Elles ne se limitent pas aux consommations de substances (alcool, drogues, médicaments), mais concernent également des comportements devenus envahissants : dépendance affective, addiction au travail, aux écrans, au jeu, à la nourriture, au sexe ou encore aux réseaux sociaux.
Derrière l’addiction, il ne s’agit jamais uniquement d’un produit ou d’un comportement, mais d’un rapport à soi, au manque, à l’autre et à la souffrance.
Consulter un thérapeute pour une addiction, c’est ouvrir un espace pour comprendre ce qui se répète, ce qui déborde, ce qui soulage momentanément mais enferme durablement.
Sur le plan clinique, l’addiction se caractérise par la perte de contrôle, la dépendance psychique et/ou corporelle, et la poursuite d’un comportement malgré ses conséquences négatives. Mais réduire l’addiction à une question de volonté ou de faiblesse serait une erreur.
L’addiction est souvent une tentative de solution face à une souffrance plus ancienne : angoisse, vide intérieur, traumatisme, difficulté à symboliser les émotions, conflits relationnels ou identitaires. Le produit ou le comportement vient alors faire fonction d’apaisement, de régulation ou de protection, au prix d’un enfermement progressif.
Dans cette perspective, l’enjeu thérapeutique n’est pas seulement l’arrêt, mais la compréhension du sens de l’addiction dans l’histoire singulière de la personne.
Les addictions interrogent souvent la question du lien : lien à l’autre, lien au corps, lien au désir. Elles peuvent également être liées à des parcours d’exil, de rupture, de bilinguisme ou de conflits culturels, lorsque les repères symboliques ont été fragilisés.
Dans ces situations, la thérapie permet de reconstruire une continuité, de redonner une place au sujet là où l’addiction parlait à sa place.
Une consultation pour addiction peut s’adresser :
Il n’est pas nécessaire d’être “au fond” pour consulter. Parfois, le simple sentiment que quelque chose ne va plus, que la répétition s’installe, ou que le plaisir a disparu, constitue déjà un point d’appui thérapeutique.
Mon approche de l’addiction s’inscrit dans une psychothérapie d’orientation psychanalytique, intégrative et psychocorporelle. Elle prend en compte la dimension inconsciente, relationnelle et corporelle de la dépendance.
L’addiction est abordée comme un langage du symptôme, une tentative de dire ce qui ne peut encore se dire autrement. Le travail thérapeutique vise alors à :
Lorsque cela est pertinent, un travail psychocorporel peut être proposé afin d’aider à réguler les tensions, à réinvestir les sensations, et à mieux habiter son corps, souvent mis à distance dans les conduites addictives.
Les séances se déroulent dans un cadre sécurisant, en cabinet ou en visio, à un rythme adapté à la situation. Le travail repose sur la parole, l’écoute, et le respect du rythme de chacun.
Il s’agit de construire un espace de pensée, là où l’addiction a pris toute la place. Progressivement, le sujet peut élaborer ce qui se joue pour lui, retrouver des appuis internes, et ouvrir d’autres modalités de relation à soi et aux autres.
Lorsque nécessaire, un travail en lien avec des professionnels de santé ou des structures spécialisées peut être envisagé, dans une logique de complémentarité des soins.
Consulter pour une addiction, ce n’est pas seulement chercher à “arrêter”, mais tenter de se réapproprier son histoire, son rapport au manque et au plaisir. C’est faire le choix d’un espace où la souffrance peut être entendue sans jugement, et où un changement devient possible, à son rythme.